Archive for the ‘Logiciels’ Category

Flock, le navigateur 2.0

Depuis la sortie de Firefox 3, je suis passé à un nouveau navigateur, fidèle à mon habitude de ne pas faire comme tout le monde, de faire partie des happy few de l’Internet, bref de me distinguer de la masse. J’ai découvert Flock, un navigateur axé sur le Web 2.0, que je juge pratique après quelques jours d’utilisation.

Flock est un navigateur fondé sur Firefox. En fait, tout Firefox est repris ou presque, et seule la couche “communautaire 2.0″ semble ajoutée par les développeurs de Flock. Du coup on bénéficie du moteur Gecko (et de ses performances et de son respect des standards), de la gestion des onglets, des favoris, etc., Firefox. Vu le bien que j’en ai dit dans plusieurs précédents billets, on comprend que ça me fasse plaisir.

Flock assure ensuite un degré supplémentaire dans la couche 2.0 du Web. Il permet de se connecter à de nombreux services et réseaux : Facebook, Digg, GMail, Yahoo! Mail, Flickr, Picasa, WordPress, Blogger… Je n’en fais pas la liste exhaustive. Grâce à ces connexions, on peut accéder à l’ensemble de ses contacts, tous réseaux confondus, mettre à jour son statut, contacter des gens. Pour les services spécifiques de photos (Flickr, Picasa, Facebook) on peut mettre en ligne des médias via une interface intuitive et évoluée (on peut retailler des photos, les tags sont gérés, les catégories…). Concernant les blogs, outre ceux hébergés par les gestionnaires de contenus (Wordpress.com, Blogger…), on peut se connecter aussi à un blog hébergé par soi-même. Ainsi, je blogue à l’instant depuis mon navigateur Web.

Au niveau du contenu, les médias sont mieux pris en charge. Une barre de médias permet un accès rapide et facile aux galeries Flickr, Picasa, etc., et des diaporamas. Tout peut être rapidement partagé par mail, blogué ou partagé sur Digg, par un simple clic (que ce soit une image, un lien, un site, un texte…). Les flux RSS sont très bien gérés.

L’intérêt principal de ce navigateur est donc de centraliser de très nombreuses et variées sources d’informations et d’interactions, pour avoir accès en un coup d’oeil à toutes les nouveautés (mails, rss, médias, messages Facebook…) et interagir le plus rapidement possible.

Le logiciel est actuellement en version stable 1.1 et en beta 1.2, sur laquelle je navigue à l’heure actuelle.

Blogged with the Flock Browser

Wednesday, June 18th, 2008

Subversion, un système de gestion de versions

Je suis amené à utiliser Subversion depuis quelques temps, d’abord avec le projet KDE [fr], puis parce que je commence à contribuer à CyberCity 2034 [fr]. Subversion est un système de gestion des versions de fichiers, construit sur le principe client/serveur. Le principe est le suivant : les fichiers sont hébergés sur un dépôt (repository) du serveur. Chaque utilisateur récupère une copie de travail (working copy), qu’il est amené à modifier en local, sur son poste. Lorque son travail a avancé, il le soumet au dépôt, on dit qu’il le commite. Cela crée alors la version suivante (on parle de révision) du projet.

Le système a plusieurs intérêts : lorsque plusieurs développeurs travaillent en parallèle, ils sont avertis si les fichiers ont été modifiés lorsqu’ils tentent de commiter. Ils peuvent alors afficher les différences, voire fusionner les documents. D’autre part, toute révision des fichiers est gardée en mémoire. Si un commit génère une erreur, on peut revenir à la révision précédente… Très pratique sur des gros projets.

Subversion gère la pose de tags : lorsque le travail est arrivé à maturité, on peut décider de poser un tag sur la révision courante, afin d’enregistrer l’état du projet dans un dossier virtuel différent. Cela permet d’avoir constamment accès à une version précise, même si depuis, les fichiers du dépôt ont évolué. Les branches, c’est-à-dire l’évolution dans deux directions différentes d’un même projet, sont également prises en charge.

Subversion est un outil très puissant. De très nombreux projets de développement l’utilisent. Les utilisateurs peuvent souvent récupérer la dernière version d’un logiciel en se connectant anonyment au SVN du projet (ils sont en lecture seule).

En tant que développeur Web essentiellement, j’ai vu de nombreux avantages à utiliser Subversion :

  • quand je travaillais en local, je devais mettre à jour via FTP à chaque avancement, ce qui prenait du temps et me faisait risquer d’écraser des fichiers évolués ;
  • quand je travaillais à même le serveur, il m’est arrivé de perdre, sur une coupure de connexion, une partie d’un fichier, et donc de devoir fouiller dans les sauvegardes pour retrouver une vieille version du fichier ;
  • Subversion intègre un système dérivé des triggers, les « hooks », qui déclenchent automatiquement des scripts à certains moments-clé (avant ou après commit par exemple). On peut ainsi les utiliser pour mettre à jour la version en ligne du site à des moments clé…

J’ai mis au point, à force de tester en local, une procédure pour installer un dépôt Subversion sur un serveur et mettre en place les accès à distance. Le tout se fait en une demi-heure, vous en saurez plus incessamment sous peu : en effet, la documentation abonde, mais je n’ai rien trouvé de synthétique correspondant parfaitement à ma situation. Je pense donc qu’il sera utile de faire un petit topo.

Thursday, April 24th, 2008

Firefox 3 - encore de quoi s’extasier

Tristan Nitot, accomplissant à merveille sa démarche de promotion de Firefox 3, a rédigé les 10 raisons d’utiliser ce logiciel, en anglais et en français. Ca vient de chez Mozilla, c’est encore plus convaincant que ce que je pourrais vous dire !

De mon côté, une nouvelle découverte que j’ai faite : on peut ajouter des moteurs de recherche à la barre de recherche en haut à droite. Dès qu’on est sur un site contenant un moteur de recherche (j’ai essayé avec php.net, Wikipédia, OpenSubtitles.org…), la barre devient bleue, et il suffit de deux clics pour ajouter les moteurs de recherche. Il me semble que c’était absent de Firefox 2, mais je peux me tromper ! En tout cas c’est très pratique.

Bref, à l’usage je ne me lasse pas de Firefox 3. Il simplifie grandement la navigation, et c’est quand même son boulot ! L’awesome bar porte bien son nom, notamment (« barre géniale »). Faites-vous une faveur, testez-le ! En plus la beta 5 est réellement stable.

Sunday, April 20th, 2008

Firefox 3 - quelques petites choses qui changent la vie

Je continue ma découverte de Firefox 3.

Quelque chose de très sympa au niveau sécurité : les mots de passe enregistrés par le navigateur peuvent maintenant faire l’objet d’une protection par mot de passe global. Bref, c’est un portefeuille sécurisé qu’intègre Firefox 3. L’option n’est pas activée par défaut mais est disponible dans l’onglet Sécurité des Préférences. C’est très rassurant, je me suis empressé de définir un mot de passe très robuste. A chaque ouverture, dès que Firefox tombe sur une page dont il a stocké des informations à ma demande, s’affiche la demande du mot de passe. Le portefeuille reste ouvert jusqu’à la fermeture du navigateur.

Quand Firefox ferme, il peut maintenant restaurer les onglets comme ils étaient à la fermeture du navigateur. Il le propose à la fermeture. Pour ma part j’ai activé l’option à tous les coups, ca évite une pop-up et c’est bien pratique. Cette fonctionnalité s’ajoute à la fonctionnalité de récupération de session en cas de plantage.

Rien de révolutionnaire, mais la somme des fonctionnalités améliore nettement le confort d’utilisation.

Friday, April 18th, 2008

Données « dans les nuages » : prudence

Avec la banalisation de l’Internet et des formes d’accès aux ressources en ligne (ordinateurs, PDAs, smartphones…), de nombreux acteurs ou observateurs du Web prédisent l’avènement proche du « tout en ligne ». Sans aller jusqu’à annoncer cette situation extrême, force est de constater qu’aujourd’hui, les services en ligne prennent une importance croissante. Pour le particulier, l’offre est très diverse et sa qualité augmente constamment. Google Docs [en] ou Microsoft Office Live [en], entre autres, fournissent chacun une suite bureautique en ligne, avec un espace de stockage. Flickr [fr] ou WebPicasa [fr] (de Google) permettent de partager des photos sur une galerie personnelle en ligne. La tendance est à l’interopérabilité : des services innovants cherchent non pas à proposer leurs propres applications en ligne, mais à permettre d’agir avec un maximum d’applications déjà existantes. OpenBox [en], une solution développée par Box.net, permet ainsi avec le même compte et la même interface de modifier ses photos via Picnik, d’accéder à une suite bureautique, Zoho, d’authentifier ses documents grâce à EchoSign…

Ce genre de services ne manque pas d’avantages. A mon avis, le plus important est sans doute le fait de pouvoir gérer ses données de n’importe quel terminal, et plus seulement de son poste personnel. Plus besoin de s’assurer que les logiciels adéquats sont bien installés sur l’ordinateur, plus de problèmes de compatibilité, d’oubli de clé USB, de conflits de versions… Cela relativise aussi le risque de panne d’ordinateur : la probabilité de perte de données tend vers zéro. Bref, tout cela permet de rendre la gestion des données plus proche des comportements dits « Web 2.0 ».

Il faut cependant faire preuve d’une grande prudence. L’Internet, comme beaucoup de secteurs de l’économie, est structuré par un petit nombre de grandes compagnies. Google, Yahoo! ou Microsoft maîtrisent (directement ou pas, et avec plus ou moins de réussite) une grande partie des applications, des flux, des comportements. La palme revient évidemment à Google : aucun internaute ne peut à mon avis assurer ne jamais avoir eu de contact avec un produit Google. Moteur de recherche, suite bureautique, galerie de photos, publicité en ligne, espace de stockage, boîte de courrier électronique, gestion de livres en ligne, blog, cartes, actualités, agenda, groupe, vidéo en ligne… Une telle liste permet de prendre conscience d’un risque majeur : la perte de contrôle des données. Un fichier sur disque dur est maîtrisé par son utilisateur (sauf en cas de virus, mais c’est un autre problème). Qu’en est-il d’un fichier hébergé sur un serveur ? Comment s’assurer que le fichier est et restera présent à son emplacement ? Scénario catastrophe : les serveurs de Google, pour une raison quelconque, ne sont plus accessibles pendant une journée…

Sans prôner la paranoïa, une habitude de prudence est de mise. Faire confiance est une chose, être inconscient une autre. Les aficionados du tout en ligne semblent parfois l’oublier : la vie privée est une notion très relative sur Internet. Dans la pratique, il vaut mieux préférer la location d’un serveur dédié à l’utilisation de services en ligne. Le coût n’est pas le même, mais la confidentialité et la sécurité non plus. Pour des budgets plus modestes, on n’oubliera pas la sacro-sainte double sauvegarde sur disque dur, terriblement old-fashioned mais diablement efficace. Le chiffrement des données stockées en ligne est une option à envisager quand on manipule des fichiers un tant soit peu confidentiels.

L’enthousiasme du « Web 2.0 » (expression que je n’aime guère, j’y reviendrai peut-être) ne doit pas occulter les enjeux de protection de la vie privée et de sécurité des données. A force de travailler dans les nuages, on risque très vite d’y voir flou.

Thursday, April 17th, 2008

Firefox 3 : une beta prometteuse

Lorsque j’ai voulu installer Firefox sur ma beta d’Ubuntu 8.04, c’est la dernière beta de Firefox 3 qui a été installée. Je ne sais pas si c’est un choix d’Ubuntu, si c’est lié aux dépôts de cette version là, ou si c’est une erreur de ma part, mais le classique apt-get install firefox m’a téléchargé et installé Gran Paradiso, la cinquième et ultime beta du navigateur de Mozilla.

Du coup, j’en profite pour vous faire un petit commentaire. Premier point, c’est un logiciel clairement peu gourmand en mémoire. Tristan Nitot en fait la démonstration [fr], et ce n’est pas exagéré, je l’ai vraiment senti à l’usage. C’est de plus en plus important, car les applications Web ont tendance à s’alourdir nettement, notamment avec l’implémentation d’interfaces Flash ou d’AJAX.

Ensuite, je trouve que visuellement, les pages rendent mieux que sous Firefox 2. Bien sûr, cela dépend aussi du système d’exploitation, des polices installées, bref d’un grand nombre de variables, mais j’ai une impression de plus joli. Tant mieux.

Plusieurs fonctionnalités me paraissent bien pratiques. Par exemple, quand on saisit un terme dans la barre d’adresse, Firefox propose toutes les adresses contenant ce terme, et pas uniquement les adresses commençant de cette façon. C’est déroutant au début, mais à l’usage cela simplifie la vie : par exemple, vu le nombre de services commençant par http://www.google, je suis soulagé de ne plus avoir à taper http://www.google.com/a pour que le logiciel me propose l’URI de Google Analytics. Taper ana suffit amplement (ah oui, je ne sais pas si je vous avais dit, mais je n’utilise pas les favoris pour les sites que je visite quotidiennement). Bien sûr, les personnes à l’historique douteux redoubleront de prudence.

Ensuite, fonctionnalité qui il me semble n’était pas présente dans l’ancienne version (corrigez-moi si je me trompe), les favoris peuvent être affichés dans une barre latérale ! Et ça c’est bien, vraiment bien. J’ai installé l’add-on Feed Sidebar [en] pour pouvoir afficher dans cette barre latérale mes flux RSS. Comme ça, je gagne 1 centimètre de hauteur d’écran (vu qu’avant mes flux étaient sur une barre horizontale), ce qui est essentiel à mon goût sur un écran 16/10.

Pour conclure, les fonctionnalités de Firefox semblent s’étoffer, se rapprochant d’un Opéra (sans le superflu mail/torrent/chat…) sans sacrifier pour autant en consommation mémoire (raison pour laquelle j’avais abandonné, malgré ses grandes qualités, Opéra). Le logiciel va clairement s’améliorer avec cette troisième version. Du bon boulot pour la Mozilla Foundation.

Saturday, April 12th, 2008

Linux Pratique Essentiel : j’en suis !

En kiosque aujourd’hui, le numéro 1 de Linux Pratique Essentiel, un magazine complémentaire du plus connu Linux Pratique consacré pour sa première édition aux incontournables du logiciel libre. En vente au modeste prix de 6,50€, il vous permettra de découvrir des logiciels qui méritent le détour - et de lire ma modeste contribution à l’ensemble.

Je ne ferais évidemment pas un billet sur un nouveau magazine si cela ne me donnait pas l’occasion de parler de moi ! J’ai eu la chance d’être contacté (via la liste de diffusion des traducteurs de KDE, un environnement graphique pour Linux) par la rédaction de LPE, qui recherchait des contributions sur les logiciels de KDE… J’ai sauté sur l’occasion et ai rédigé un petit quelque chose (pp. 22-24) sur les KIO-slaves et leur intérêt sous Konqueror.

Du coup, j’ai acheté et parcouru la revue, qui a l’air intéressante. Au-delà des classiques pages d’actualité, pas forcément neuves si l’on suit un peu l’actualité sur le Web, on trouve 8 pages consacrées à Gnome, l’autre environnement graphique majeur de Linux, 10 pages à KDE, 5 pages à XFCE (un environnement graphique minimal ultrapersonnalisable) et une quarantaine de pages au dossier sur les logiciels libres incontournables. Je me suis rendu compte que je n’en connaissais pas tant que ça ;)

Je n’aurais pas eu le réflexe d’acheter un magazine sur Linux, puisque de nombreuses ressources sont disponibles en ligne - et donc gratuitement et à jour. L’avantage insigne de la revue papier, c’est qu’on découvre des choses qu’on n’aurait jamais pensé à chercher sur Internet, puisque sur le Web, on ne trouve que ce qu’on cherche. Là, au fil des pages, on apprend quelques nouveautés, et des trucs et astuces qui peuvent faciliter un peu plus l’utilisation de l’outil informatique.

Friday, April 4th, 2008

L’apparente incompatibilité du libre et du propriétaire

Depuis quelques jours, suite à la diffusion de la décision de plusieurs pays, la normalisation du format de Microsoft Office OpenXML ne fait plus aucun doute. La France, pour sa part, a changé son vote [F.R.] d’un Non avec commentaires à une Abstention argumentée ce lundi 31 mars. Ce changement, même s’il ne semble pas avoir eu d’influence sur le résultat final au niveau international, a quand même provoqué de nombreuses réactions. En effet, l’AFNOR semble avoir changé de position dans le week-end précédent sa décision… Cet article de ZDnet.fr [F.R.] (relevé par Tristan Nitot [F.R.]) explique le tout en détails.

Ce qui m’intéresse plus particulièrement, outre tout ce que les weblogueurs et les journalistes relèvent et critiquent sur la forme et le fond, c’est qu’on a l’impression que le monde de l’entreprise - ou tout du moins d’un certain type d’entreprise axé sur le propriétaire et les stratégies monopolistiques - cherche à accentuer les préjugés et a priori négatifs qu’un grand nombre de gens peuvent avoir.

Je suis le dernier à rejeter en bloc le monde de l’entreprise. En soi, la logique de profit décriée par certains me semble essentielle, nécessaire dans le monde dans lequel nous vivons. Et mieux vaut l’accepter et en jouer le jeu, puisque libéralisme et capitalisme sont deux paradigmes économiques actuels, que de la rejeter en bloc et de tenter de trouver une alternative viable. Ainsi, de nombreuses SSII occupent intelligemment le domaine du libre, en offrant, plutôt que le logiciel en lui-même, les prestations périphériques. J’y reviendrai. De nombreuses entreprises, plus généralement, savent jouer le jeu de la concurrence, au grand avantage du consommateur.

Mais un - relativement - petit nombre d’entreprises s’obstine dans la voie du verrouillage, du monopole et de la propriétarisation. Petit nombre, certes, mais d’importance vu la taille des entreprises en question. Il est triste de voir que ces entreprises, qui peuvent proposer des produits intéressants, savent très bien se faire détester d’une part croissante de la population par leurs politiques de commerce et de communication inégales et parfois abusives. Que peut faire le monde du libre face aux pressions lobbyistes de grandes firmes bien implantées et aux vastes connexions ?

Cette mauvaise image s’étend malheureusement au monde de l’entreprise de manière générale, ce qui entraîne des réactions primaires regrettables des deux côtés. Une sorte de cercle vicieux. Plutôt que de faire persister et d’aggraver la fracture propriétaire/libre, une troisième voie semble plus appréciable. Les SSII implantées dans le libre sont un exemple. Les tentatives lobbyistes d’associations libristes un autre. Il ne faut pas tomber dans le piège de la condamnation généraliste. Luttons à armes égales :)

Thursday, April 3rd, 2008

MS Office et OpenOffice : y a-t-il une alternative à la politique commerciale de Microsoft face au renforcement du libre ?

Ayant découvert aujourd’hui la suite bureautique Microsoft Office 2007, j’ai été séduit par la qualité des logiciels produits par la firme de Mr Gates. Relativement peu gourmande en ressources (malgré les graphismes un peu trop fins pour une simple suite bureautique, qui font ahaner mon ventilateur), elle met à disposition des outils somme toute puissants. Je pense notamment à Word et Excel.

MS Word est d’une fluidité très agréable (bien que due en partie au fait qu’une part des fichiers nécessaires au fonctionnement de la suite sont chargés par défaut au démarrage de Windows, cela reste sympathique), et reste selon moi la référence en termes de mise en page. Je ne cherche vraiment pas à rabaisser OpenOffice Writer, qui est une alternative plus que décente, gratuite et multiplateforme, au produit de la firme de Redmond, mais force est de constater que l’on sent que ce sont des salariés à temps plein qui bossent sur la bêbête Word.

MS Excel est également un excellent tableur. L’ayant utilisé durant tout mon stage cet été, je sais à peu près de quoi je parle. C’est un outil puissant, utilisable dans de nombreuses situations et très fiable. On peut regretter son côté un peu fourre-tout : initialement, Excel n’est censé gérer que des tableaux. Allez comprendre pourquoi je m’en suis servi cet été pour gérer des bases de données simples… Malgré tout, il a tenu le choc. Le VBA, malgré sa lenteur d’exécution et sa gourmandise notoire, est un atout remarquable. La gestion de formulaires est également très pratique.

La suite Office est donc un produit réussi, et l’on ne peut que regretter certains défauts, liés non à des aspects techniques mais bien à des aspects économiques. Elle est vendue à un prix élevé, que j’ai personnellement du mal à justifier, bien qu’il soit toujours difficile de justifier le coût d’un logiciel (on en revient au débat de la rémunération du savoir : un logiciel a un coût de reproduction quasi-nul…).

Microsoft n’a jamais voulu la rendre compatible avec les formats OpenSource, et en particulier avec OOo. Evidemment, le danger serait grand : donner la possibilité aux utilisateurs de Word d’ouvrir leurs fichiers sous OpenOffice Writer est dangereux. Les spécialistes en marketing de Microsoft ont compris l’intérêt économique qu’ils ont de maintenir coûte que coûte la séparation entre les deux mondes.

Mais sans oser demander (requête utopique, et dont les conséquences ne sont pas forcément positives) la libération du code source de la suite Office, je trouve regrettable que l’intercompabilité ne soit pas assurée. Après tout, le produit Office a des avantages comparatifs nets vis-à-vis de ses concurrents. Le risque que tous les aficionados de Word le délaissent pour l’alternative libre est minime, et la situation se serait de toute façon déjà produite : après tout, un utilisateur d’OpenOffice Writer peut sauvegarder ses fichiers dans le format Word, s’il le souhaite.
Actuellement, l’absence de compabilité du marchand vers le libre tend selon moi plus à desservir les premiers qu’à les renforcer dans leur position dominante.

Une telle situation risque malheureusement de persister quand on sait qu’IBM, dont la notoriété est clairement plus grande que celle d’OpenOffice.org, a annoncé son association avec ces derniers afin de sortir une nouvelle suite bureautique, Lotus, réutilisant les codes d’OOo en y ajoutant le savoir-faire IBM. La concurrence grandissante ne fera pas changer de politique à Microsoft. Bill Gates n’a jamais été un informaticien : il est et restera un excellent commercial.

Wednesday, December 19th, 2007