iPhone 3G : Apple apprend de ses erreurs ?
L’événement a fait un tel bruit qu’il semble inutile d’en parler : Apple a annoncé lundi 9 juin, lors de la WorldWide Developers Conference d’Apple, la sortie prochaine de l’iPhone 3G (cf. le troisième résultat Google pour “annonce iphone 3G”). Je ne vais pas m’étendre sur les aspects techniques (qu’apporterais-je de plus ?) mais sur le nouveau modèle de distribution.
L’iPhone v1 était distribué suivant un modèle d’exclusivité et de rente : dans chaque pays (parmi les 4 dans lesquels il était distribué), un opérateur unique avait l’exclusivité du téléphone, moyennant le versement d’un pourcentage sur la vente des forfaits associés (on parle souvent de 30%, aucun chiffre précis ne pouvant être vérifié). Le prix du téléphone est assez élevé ($399 pour la version 8Giga aux Etats-Unis, en France 399€). La partie logiciel de l’iPhone a été mise à jour pour bloquer le plus possible les possibilités “annexes”, comme le déblocage et l’utilisation sur un autre réseau.
Résultats : on trouve des iPhones à peu près sur les 5 continents, beaucoup sont débloqués et utilisés sur d’autres réseaux, et après un joli décollage, les ventes se tassent au premier trimestre 2008. L’objectif annoncé de 10 millions de vente fin 2008 semble s’éloigner légèrement, même si les 6 millions sont atteints au premier trimestre (bien sûr, les ventes ont tendance à diminuer au fil du temps, phénomène classique, d’où l’inquiétude sur l’objectif).
L’iPhone v2 est distribuée de façon drastiquement différente. En lieu et place des 4 pays de distribution, Apple annonce la sortie de l’iPhone 3G dans 22 pays en juillet, puis à terme dans 48 autres pays, soit 70 pays sur les cinq continents. Le prix est divisé par 2, on tombe à $199 pour un iPhone 3G version 8Giga. Finie également l’exclusivité nationale. Ainsi en Suisse, Orange et Swisscom offriront tous deux le produit. De nombreux logiciels développés par des tiers sont inclus dans le nouveau téléphone et Apple s’engage à prendre en charge les applications tierce-partie et à fournir un support des besoins entreprise.
Le changement est bel et bien radical. Apple vise plus de clients, géographiquement, qualitativement avec l’ouverture au monde de l’entreprise qui jusqu’ici boudait l’iPhone faute de fonctionnalités adaptées et socialement avec une baisse remarquable du prix. L’opérateur n’a plus le beau rôle, puisqu’il ne bénéficie plus d’un monopole national et paie probablement une partie du prix du téléphone, ce qui expliquerait selon des analystes économiques la baisse du prix final du téléphone.
Contrairement aux réactions à court terme face aux “piratages” des iPhones (augmentation de la protection, logique de fermeture et de verrouillage), Apple semble donc prendre le chemin de l’ouverture, à mon avis beaucoup plus viable à terme. Reste à savoir si la baisse de prix et l’ouverture aux applications tierce partie (facilitant notamment l’implantation de logiciels de téléphonie en VOIP) ne nuiront pas aux bénéfices d’Apple, et l’inciteront quand même à rester sur cette voie, nettement bénéfique pour les consommateurs.
Pour ma part… Je crains que la baisse de prix et le support de la 3G n’aient raison de ma modération. Je finirai probablement par craquer avant mon retour en France.
Tuesday, June 10th, 2008
