Utilité des standards : le contre-exemple de M6replay
M6 a lancé depuis un mois M6Replay [fr], un service permettant de visionner en ligne les émissions et séries passées sur la chaîne plusieurs jours avant. Je ne peux pas vous parler des fonctionnalités du service (Arte a quelque de similaire, +7 [fr]), vu que l’accès au site a tout d’un parcours du combattant.
Pas Windows ? Revenez quand vous l’aurez !
Le service se fonde en effet sur la technologie DRM de Microsoft, et n’est donc (pour le moment, nous jure-t-on) qu’accessible à partir de Windows. Pour le moment, car le service est prévu pour être adapté à Mac. Notons qu’aucune date n’est avancée et que les utilisateurs de Linux peuvent clairement faire une croix sur le service. On ne peut pas utiliser du libre et avoir accès au propriétaire, voyons…
Pas la bonne config ? Revenez quand vous l’aurez !
Une fois qu’on est sous Windows, il faut encore utiliser Internet Explorer, avoir les DRM à jour (je ne sais pas ce que ça veut dire exactement, vous vous en doutez), JavaScript activé (ça, à la limite…)… Et puis si ça ne marche pas, eh bien on ne sait pas exactement pourquoi. Parfois sous Firefox il suffit d’ignorer l’avertissement d’incompatibilité pour que tout fonctionne. Parfois, ça rame (les serveurs ne tiennent pas forcément le coup, il faut dire que l’offre en ligne est ambitieuse : les programmes disponibles 1 h après leur diffusion et durant 7 à 15 jours). Parfois, on ne peut pas mettre pause, naviguer dans le fichier, parfois tout freeze…
Et les standards ?
En fait, il semblerait qu’ils n’aient jamais fait partie du cahier des charges. J’ai essayé de valider la seule page d’accessible, à savoir la page de test de compatibilité m’informant que je ne pouvais pas mettre les pieds sur le site… Le résultat est carrément catastrophique. Le test de validité ne peut même pas démarrer car le document n’est pas encodé correctement !
A tous les sceptiques de l’utilité des standards… Si M6 avait intégré la conformité aux normes dans son cahier des charges, l’interface [fr] ne serait certainement pas aussi belle, le tout ne ferait peut-être pas complètement « Web 2.0 » (comprenez dans ce contexte clinquant et dynamique, avec des vidéos qui bougent de partout), mais le service serait probablement accessible à plus de 50% des internautes, ce qui ne semble pas être le cas actuellement.