L’(in)utilité de Facebook
[E.N.] Facebook est un site communautaire social. Difficile de trouver des termes pour définir précisément la nature de Facebook : il s’agit de socialiser en ligne, en devenant friend (ami) avec d’autres personnes inscrites, en rejoignant des réseaux et des groupes, en “communiquant” par walls (mur virtuel personnel sur lequel les utilisateurs postent des messages) interposé, en mettant en ligne des photos commentées et taggées…
Facebook est le plus important phénomène de virtualisation des relations sociales. Des millions de gens à travers le monde s’y connectent pour y gérer leur profil. Un nombre incroyablement élevé d’options, de plugins, de fonctionnalités sont disponibles, et ce nombre augmente chaque jour. Et pourtant, Facebook ne permet pas de discuter facilement avec un contact.
C’est là un paradoxe très étrange, que je n’ai pas manqué de relever lors de ma brève période d’utilisation du site. Il est très difficile, et en tout cas clairement non intuitif, d’envoyer un simple message à une personne. Tout est fait pour privilégier l’aspect communautaire des relations : la plupart des commentaires, des photos, etc., sont publics. Il suffit d’être inscrit (certaines fonctionnalités nécessitent néanmoins d’être ami de la personne) pour avoir accès à une grande quantité d’informations. Curieux traitement de la vie privée.
De plus, à côté de cette exposition volontaire de la vie privée, qui fait partie d’une tendance nette et forte du Web de ces dernières années (cf. skyblogs) et de la société plus généralement, Facebook suit une politique de traitement des données étonnante. Il semblerait parfois que l’entreprise gérant le site considère les données privées comme de la marchandise. Récemment, elle a voulu rendre ces informations disponibles à des entreprises désireuses de faire de la publicité personnalisée…
Cette mesure extrême (fort heureusement remise en cause par la communauté de Facebook) n’est pas un cas unique. Prenons un exemple simple : j’ai voulu supprimer mon compte. Impossible de trouver la fonction ! La seule possibilité offerte est la désactivation du profil, sachant qu’il suffit de tenter de se connecter pour le réactiver… Du coup, il faudrait se fendre d’un e-mail à l’administration pour pouvoir exercer son droit élémentaire au contrôle de sa vie privée. Et le tout en anglais s’il vous plaît.
Car Facebook n’offre pas de traduction de ses services. Tout se fait en anglais, alors que le site est fréquenté dans le monde entier, et ce significativement. D’où une impression de naviguer dans un flou permanent, car même pour quelqu’un maîtrisant correctement l’anglais, les termes sont généralement récents, voire des néologismes…
Facebook n’est pas le seul site de ce genre. Il en existe d’autres, comme [E.N.] MySpace. Mais n’ayant testé que Facebook, je ne peux parler que de lui. J’ai juste noté que MySpace se traduit automatiquement en fonction du pays d’où provient votre adresse I.P. . Elémentaire courtoisie pour des sites brassant des millions d’utilisateurs.
Wednesday, January 2nd, 2008