Archive for December, 2007

Yelling About Music

[Note au lecteur hypothétique : après mure réflexion après 6 heures de voyage en voiture, j’ai conclu que mon blog avait légèrement tendance à devenir un skyblog dans lequel je parle de ma vie. Étant donné qu’un blog est censé être un carnet de bord, j’ai décidé de recentrer un peu tout ce bordel et de m’axer sur les nouvelles technologies et l’audiovisuel. Bref, en gros, je fais semblant de me remettre en question, et au final rien ne changera. Vous êtes prévenus.]

[E.N.] Yelling About Music est un blog où, pour traduire la description faite par les auteurs, “les habitués des forums de Questionable Content et nerds musicaux vous parlent de groupes et de chansons” (notons au passage combien il est difficile de traduire nerd).

Plus sérieusement, le blog s’est créé en marge du webcomic [E.N.] Questionable Content, dont je vous ai parlé lors de mon premier article. Pour rappel, ce webcomic met en scène un groupe d’amis dont la culture rock indé est une des principales caractéristiques (la culture de l’auteur, Jeph Jacques, est tout bonnement impressionnante).

S’ensuivit un forum, puis un blog de musique. Jeph et trois autres personnes y dissèquent la musique rock, techno et pop, fréquemment indie, mais pas uniquement. C’est en anglais, c’est donc l’occasion d’exercer votre maîtrise de la langue de Shakespeare et consorts, et c’est très intéressant pour quiconque s’intéresse un tant soit peu à ces domaines musicaux. Si vous n’êtes pas fan d’anglais et plutôt rap… Allez voir quand même, histoire de vous faire mal.

Sunday, December 30th, 2007

Alive

Alive (en vie) : je le suis, malgré les apparences, et Daft Punk aussi, depuis plusieurs mois maintenant. Après une absence sur scène de quelques années, le duo versaillais connu (et reconnu) dans le monde entier (plus ailleurs qu’en France…) a effectué un retour fracassant sur la scène techno. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas ce style de musique, il suffit de connaître quelques chansons des anciens albums du groupe pour comprendre pourquoi les aficionados se sont rués sur les places des deux seuls concerts français.

Alive est une performance audiovisuelle de taille. Le groupe réussit le pari risqué de mixer sa propre musique (à ma connaissance, aucune partie de l’album n’est composé de thèmes inédits) et de se mettre en scène de façon complètement mégalomaniaque. Il suffit de jeter un oeil aux photos et aux films pour se rendre compte de l’immensité de l’événement.

image du concert Alive de Daft Punk

image du concert Alive de Daft Punk

image du concert Alive de Daft Punk

Partie 1 du concert [F.R., Dailymotion]

Le résultat est enivrant. Découvrir les chansons que j’adorais il y a quelques années de façon complètement inattendue donne une sensation de connaisseur très agréable. Et en plus, cerise sur la pyramide, il semblerait que ces messieurs aient introduit un début de réflexion sur leur musique. Pour preuve : le concert s’ouvre sur le cri “Robot rock”, pour s’achever sur “We are human after all”… Une simple coïncidence, ou une réponse convaincante aux critiques sur l’artificialité de la musique techno ? D’autant que le groupe fait de la “méta-musique”… Franchement, je pense que l’ordre des morceaux n’est pas anodin.

Mais le bémol est de taille : plus j’écoute l’album (qui est tiré du live à Bercy, le 14 juin 2007), plus je regrette d’avoir raté un tel événement, qui évidemment n’a pas l’air de devoir se reproduire de si tôt… Les Daft Punk sont actuellement en tournée en Australie.

Voilà qui donnera du grain à moudre à certaines de mes connaissances qui sont persuadées que la réussite n’est pas accueillie comme elle se doit en France. Ce qui est hélas souvent juste.

Saturday, December 29th, 2007

MS Office et OpenOffice : y a-t-il une alternative à la politique commerciale de Microsoft face au renforcement du libre ?

Ayant découvert aujourd’hui la suite bureautique Microsoft Office 2007, j’ai été séduit par la qualité des logiciels produits par la firme de Mr Gates. Relativement peu gourmande en ressources (malgré les graphismes un peu trop fins pour une simple suite bureautique, qui font ahaner mon ventilateur), elle met à disposition des outils somme toute puissants. Je pense notamment à Word et Excel.

MS Word est d’une fluidité très agréable (bien que due en partie au fait qu’une part des fichiers nécessaires au fonctionnement de la suite sont chargés par défaut au démarrage de Windows, cela reste sympathique), et reste selon moi la référence en termes de mise en page. Je ne cherche vraiment pas à rabaisser OpenOffice Writer, qui est une alternative plus que décente, gratuite et multiplateforme, au produit de la firme de Redmond, mais force est de constater que l’on sent que ce sont des salariés à temps plein qui bossent sur la bêbête Word.

MS Excel est également un excellent tableur. L’ayant utilisé durant tout mon stage cet été, je sais à peu près de quoi je parle. C’est un outil puissant, utilisable dans de nombreuses situations et très fiable. On peut regretter son côté un peu fourre-tout : initialement, Excel n’est censé gérer que des tableaux. Allez comprendre pourquoi je m’en suis servi cet été pour gérer des bases de données simples… Malgré tout, il a tenu le choc. Le VBA, malgré sa lenteur d’exécution et sa gourmandise notoire, est un atout remarquable. La gestion de formulaires est également très pratique.

La suite Office est donc un produit réussi, et l’on ne peut que regretter certains défauts, liés non à des aspects techniques mais bien à des aspects économiques. Elle est vendue à un prix élevé, que j’ai personnellement du mal à justifier, bien qu’il soit toujours difficile de justifier le coût d’un logiciel (on en revient au débat de la rémunération du savoir : un logiciel a un coût de reproduction quasi-nul…).

Microsoft n’a jamais voulu la rendre compatible avec les formats OpenSource, et en particulier avec OOo. Evidemment, le danger serait grand : donner la possibilité aux utilisateurs de Word d’ouvrir leurs fichiers sous OpenOffice Writer est dangereux. Les spécialistes en marketing de Microsoft ont compris l’intérêt économique qu’ils ont de maintenir coûte que coûte la séparation entre les deux mondes.

Mais sans oser demander (requête utopique, et dont les conséquences ne sont pas forcément positives) la libération du code source de la suite Office, je trouve regrettable que l’intercompabilité ne soit pas assurée. Après tout, le produit Office a des avantages comparatifs nets vis-à-vis de ses concurrents. Le risque que tous les aficionados de Word le délaissent pour l’alternative libre est minime, et la situation se serait de toute façon déjà produite : après tout, un utilisateur d’OpenOffice Writer peut sauvegarder ses fichiers dans le format Word, s’il le souhaite.
Actuellement, l’absence de compabilité du marchand vers le libre tend selon moi plus à desservir les premiers qu’à les renforcer dans leur position dominante.

Une telle situation risque malheureusement de persister quand on sait qu’IBM, dont la notoriété est clairement plus grande que celle d’OpenOffice.org, a annoncé son association avec ces derniers afin de sortir une nouvelle suite bureautique, Lotus, réutilisant les codes d’OOo en y ajoutant le savoir-faire IBM. La concurrence grandissante ne fera pas changer de politique à Microsoft. Bill Gates n’a jamais été un informaticien : il est et restera un excellent commercial.

Wednesday, December 19th, 2007

Wikipedia vs Knol : le savoir et l’économie de marché

On apprend cette semaine que Google, la firme de Mountain View, CA, élabore actuellement un système encyclopédique fondé sur la contribution des internautes. Cette nouvelle initiative d’un des principaux acteurs du Web semble consacrer la fin du monopole de la connaissance partagée qu’avait jusqu’à présent Wikipedia. Le lancement d’un tel système illustre bien une tendance contemporaine du monde économique : le développement de “l’économie de la connaissance”.

Le postulat fondamental est que le savoir est un bien marchand au même titre que les biens matériels et les services. La particularité du savoir est d’avoir un coût très élevé à la création (avoir une idée, penser une innovation est coûteux, il suffit de jeter un oeil aux budgets de R&D des entreprises) et un coût infiniment petit à la reproduction. Prenons pour exemple un article de journal : le rédiger coûte cher, le diffuser ne vaut rien (le prix du papier). Les coûts de reproduction du savoir ont de plus baissé du fait de l’émergence d’Internet : le coût de publication dudit article sur le Web est dérisoire, et chaque visite ne coûte pas plus cher à l’éditeur. Le coût est fixe, quelque soit la consommation du bien (en l’occurrence, la lecture de l’article). Se posent alors de nombreuses problématiques liées à la rémunération du savoir : quel prix donner à un exemplaire, une consultation, une consommation, si le coût lié à cette consommation précise est quasi-nul ? Comment tenir compte du coût fixe extrêmement élevé ?

Cette démarche peut être résolue par la gratuité, qui permet une transparence complète dans la relation producteur/consommateur. La personne qui produit du savoir, par exemple un article de Wikipedia, le place sous une licence très peu restrictive. Le savoir devient libre : chacun peut se l’approprier, le modifier (idéalement, afin de l’améliorer), le partager. Un tel système abolit la dualité rédacteur/lecteur : chacun peut contribuer, l’article est commun, et chacun peut lire, car l’article est libre. L’avantage d’une telle démarche est l’accessibilité du savoir à un grand nombre. L’inconvénient majeur est le risque de mauvaise qualité du savoir, contrairement à une encyclopédie reconnue, par exemple, qui rémunère des personnes reconnues dans leur domaine pour écrire ses articles.

Le pari de Google, via Knol, semble être celui de la mise en place d’une autre relation.
Une relation bilatérale tout d’abord, car chaque article est rédigé par une seule personne, les lecteurs ne pouvant qu’ajouter, via des commentaires, du contenu supplémentaire.
Une relation concurrentielle, d’autre part, car différents articles portant sur le même sujet pourront coexister. A chacun de trouver le “meilleur” article, ou du moins l’article le plus approprié à sa recherche.
Une relation marchande, enfin : chaque auteur d’article pourra décider d’afficher de la publicité sur la page de l’article, et “si un auteur choisit d’avoir des publicités, Google lui offrira une part substantielle des recettes tirées de ces publicités”, selon la firme californienne. La firme introduit alors une nouvelle motivation pour le rédacteur : une rémunération potentielle.

Que penser d’une telle initiative ? La concurrence dans ce domaine ne me parait pas a priori être une bonne chose. Multiplier les initiatives revient à diviser les contributeurs, ce qui appauvrira le contenu de chaque encyclopédie. De plus, le système imaginé par Google ne prend pas suffisamment en compte les caractéristiques propres au savoir. La firme semble vouloir calquer sur le monde encyclopédique un système économique ayant fait ses preuves par ailleurs, certes, mais pas nécessairement adapté. Introduire une rémunération peut biaiser la motivation du rédacteur, qui est sur Wikipedia purement altruiste (au-delà de la bête motivation de voir son travail lu et acclamé). Mettre les articles en concurrence risque de créer un appauvrissement interne du contenu, qui s’ajoutera à l’appauvrissement général (né de la division des contributeurs entre différents systèmes).

L’appétit de la firme californienne, connu pour être grand, risque de rencontrer des limites, ou de s’avérer plus contre-productif dans ce domaine.

Monday, December 17th, 2007

Dexter et Chopin

Deux articles d’affilée ? A croire que j’ai du temps libre… Profitez-en, cela dit, car mes semaines à venir, jusqu’à Noël, semblent peu propices à la tenue régulière d’un blog. A croire que les bloqueurs n’ont pas pensé au Web 2.0.
Trêve de banalités sur ma vie, aujourd’hui, nous parlons culture.

Poster de DexterDexter est une excellente série (mon top 1 actuellement, en fait, Twin Peaks étant hors classement), qui narre les aventures de Dexter Morgan, spécialiste en analyse de tâches de sang pour la police de Miami, et accessoirement tueur en série éliminant méthodiquement les criminels ayant échappé à la police. La saison 2 est extrêmement intense, le scénario s’y enrichit, sans tomber dans le ridicule, bref de quoi passer un agréable moment, surtout quand comme moi on apprécie particulièrement l’ironie, le cynisme et l’humour noir.

Une des raisons qui font le succès de Dexter, c’est la musique. Premier exemple à l’appui de ma théorie : [F.R.] le générique (commun aux deux saisons). La musique est de Rolfe Kent. Très beau travail sur l’image et ses symboles, pourront noter ceux qui ont vu la série (ou en connaissent la teneur). Je vous invite à aller écouter [E.N.] l’intégralité de la bande-son sur radioblog.club.

Mais pour moi, Dexter, c’est aussi - surtout ? - [E.N.] la nocturne en Mi bémol majeur, Op. 9 No. 2, de Frédéric Chopin. C’est l’Agent Spécial Lundy, du FBI, qui le fait découvrir à Deb Morgan, la soeur de Dexter (également policière). Depuis, le morceau tourne chez moi en boucle. Idéal pour travailler, il est d’un calme apaisant. Un grand moment de musique classique, selon moi (même si tous ne seront pas d’accord).

Pour conclure (car depuis ma classe préparatoire, je conclus), je dirais que Dexter et Chopin, c’est bien.

Tuesday, December 11th, 2007

Esprit de Noël : applications pratiques d’un idéal théorique

Décembre est pour certains chrétiens de ma connaissance le temps de l’Avent. Pour moi, c’est surtout le temps de l’avant-exams, celui où tous les dossiers du monde doivent être rendus à la même minute, mais que votre imprimante n’a plus d’encre car bien sûr, bien sûr vous n’avez plus que deux heures pour rendre votre dossier de bourse.
Depuis quelques années, un certain décalage entre l’idée de l’Avent et sa réalité a perfidement grandi. Depuis que j’ai quitté le foyer familial, notamment. Dissertation sur une déception.

Prenons un mois anodin, banal, et ajoutons-y Noël, fête la plus populaire et commerciale issue de la tradition chrétienne, mettons en fin de mois. 1 chance sur 12 pour que ça tombe le dernier mois de l’année civile, ajoutez-y donc la Saint-Sylvestre. Mettons, une semaine après Noël. Mission accomplie : un mois lambda est devenu en deux décrets-lois un mois chargé. Merci, Napoléon Bonaparte.

Il s’agit maintenant de jouer le jeu : un sapin, décoré de préférence (cette année, cela se résume à une guirlande électrique peu chère dont 5 ampoules ne marchent pas), des guirlandes, des bonshommes reproduisant une scène culte du Nouveau Testament, de la musique traditionnelle… Dans les rues, multipliez les éclairages, ajoutez-y la fête des Lumières (spécialité lyonnaise, consistant à entasser beaucoup de gens dans les rues pour admirer peu de lumières), installez des remises et autres opérations commerciales, un marché de Noël, des magasins, des magasins.

Et pourtant, jusque là, décembre reste sympa, à la condition de perdre sa carte bleue (ce qui m’est arrivé en novembre, hélas, à un mois près j’économisais).

Prenez maintenant la réalité faite étudiante. Des devoirs, des partiels, s’accumulent. Vous vous rendez compte que vos cours sont mal rangés. Que votre orientation n’est pas décidée. Que votre stage n’est pas trouvé, et qu’à ce propos, vous aviez demandé une bourse pour l’étranger, il serait temps de rendre le dossier. Vous commencez à faire des compromis : si vous trouvez un stage sur Lyon, vous y réfléchirez, tant pis pour l’étranger ; si vous bâclez telle partie du dossier, l’autre compensera, tant pis pour la note finale ; la famille se contentera bien du classique DVD censé plaire à tout le monde, et qui finit par ne plaire à personne…

Non. Luttez contre ce mauvais penchant. Pensez que vous le regretterez. Faites l’effort. Cherchez un cadeau personnalisé, poursuivez vos ardus efforts pour obtenir une note fantastique. Visez le 16 de moyenne aux examens : mieux vaut être déçu en ayant 12 qu’être content d’avoir 10 car vous n’avez rien fait. Rendez votre dossier. Rangez votre cuisine. Passez la serpillère. Sortez un peu de chez vous…

Ou alors, faites semblant de vous adresser à des lecteurs sur votre blog pour vous motiver. Subtil effet de catharsis.

Monday, December 10th, 2007

Blocage, suite (et fin ?)

J’en parlais dans un article précédent, mais l’université de Lyon 2 était bloquée depuis trois semaines. Un nouveau vote était organisé hier par la Présidence. Le résultat, écrasant (85% se prononcèrent pour la reprise des cours), était quelque peu entaché par la faible participation (4000 étudiants sur 25000, soit deux fois moins que lors du vote électronique), bien que les bureaux de vote aient été pour l’essentiel bloqués par les bloqueurs eux-mêmes…

Aujourd’hui donc, l’université devait réouvrir, avec un contrôle de cartes d’étudiant et une surveillance par des vigiles. Arrivé à 8h, quelle ne fut pas ma surprise de voir que les bloqueurs avaient “remis ça” : les rares portes supposées ouvertes et surveillées étaient fermées à clef, bloquées par des poubelles et des piquets de grève.

Réuni avec quelques collègues, nous entamons des discussions, n’espérant pas en retirer grand-chose… Nous n’avons pas été déçus. On nous sortit les mêmes arguments que d’habitude :

  • illégitimité du vote organisé par la Présidence (bien sûr, un vote à bulletin secret, ouvert uniquement aux étudiants de Lyon 2… Seul défaut : organisé par la Présidence, forcément non fiable si l’on en croit la théorie du complot national)
  • souveraineté de l’Assemblée Générale, bien que cette dernière ait été déplacée spatialement et temporellement sans avertissement préalable et qu’aucun contrôle sur la carte d’étudiant ne soit effectué lors du vote
  • le blocage permet de forcer les étudiants à “fermer les bouquins et réfléchir maintenant plutôt que d’avoir des problèmes après” (sic)

Bref, les bloqueurs ne vivant apparemment pas sur la même planète que nous, impossible d’arriver à quoi que ce soit de correct. Nous essayons alors d’imposer la force du nombre en retirant les poubelles entassées devant les portes, avec succès, avant de découvrir que les bloqueurs avaient fermé les portes grâce à des antivols pour vélos…

La rumeur d’une intervention policière grondant, nous décidons de ne pas nous disperser, désireux de montrer à la minorité bloquante que nous pouvons nous aussi nous mobiliser. Cette minorité se met à chanter et à tenter de nous faire culpabiliser, rappelant que nous allons entrer en cours sous la protection des C.R.S. et après qu’elle ait été violentée. Peine perdue : nous subissons la “démocratie” des bloqueurs depuis trois semaines, ils ont épuisé tous leurs recours. Je leur réponds que si la seule manière d’assister à nos cours est de le faire sous protection policière, malgré toute la tristesse de la situation, c’est comme ça que cela se passera.

J’ai eu la chance de ne pas assister à l’intervention, car nous apprenons plus tard qu’une autre entrée a été ouverte par la police. Nous nous y dirigeons donc pour accéder à nos salles de classe et pouvoir avoir effectivement cours. Cet épilogue (du moins je l’espère) n’aura toutefois fait que confirmer mes premiers jugements sur les bloqueurs, incapables de la moindre discussion, tristes dans leur acharnement et leurs idées révolutionnaires fantasmées, et malgré tout courageux, car prêts à subir une charge policière pour garder l’espoir de voir leurs revendications exaucées… Leur usage du mot démocratie m’a encore plus découragé de la société française, ou du moins de sa capacité à dialoguer et à avancer. De l’impossibilité de la réforme en France.

Tuesday, December 4th, 2007

Cher père Noël

Cher papa Noël,

Je tiens par la présente à faire état de ma sagesse exemplaire cette année. En effet, en guise de preuve, je pense que suffira un simple rappel de ma sympathie envers mes frères et soeurs, de mes notes remarquables en second semestre de Licence, de ma courtoisie au squash (allant jusqu’à perdre pour faire plaisir à mon père), de ma bonté naturelle. Tu noteras bien que ma réaction face au retard de 6 mois de mes parents concernant mon cadeau d’anniversaire a été remarquablement sympathique.

Il me semble donc que tu recevras avec toute l’attention nécessaire ma lettre contenant les propositions de cadeaux que je pourrais recevoir par cheminée ou autre à Noël.

Ainsi, j’apprécierais (note l’élégance du conditionnel, temps n’exprimant aucune requête mais un simple constat) :
- un portefeuille / portecartes (bref, le pack me permettant de transporter l’essentiel de mes indispensabilités)
- de la littérature anglaise en anglais (Isaac Asimov, Philip K. Dick, Terry Pratchett…)
- un jeu de société (lequel ? à préciser plus tard)

Voici l’état actuel de mes réflexions. Note que ce n’est pas grand-chose. Je me ferai une joie de te communiquer davantage d’idées si elles me viennent à l’esprit.

Dans l’attente de te retrouver par la pensée autour d’un sapin de Noël, je te prie d’agréer une grosse bise.

Paul

P.S. : tu noteras le degré de sophistication de mon français, fort supérieur je pense à celui que tu trouves dans tes autres lettres. Rien que ceci devrait, je le pense, attirer un regard bienveillant sur cette suggestion de présents.

Monday, December 3rd, 2007

Echecs

6 jours ont passé et j’ai failli. Impossible de m’astreindre à rédiger un article par semaine. Échec. Regardons le bon côté des choses : je ne vous abreuve pas de descriptions fantastiques de mes soirées, de dissections profondes et fines de ma vie et de mes relations… Bref je ne bloggue pas.

Par contre, le point négatif est que du coup, je ne bloggue pas. Sans vouloir rouvrir le débat du bon et du mauvais bloggueur, il est quand même triste d’ouvrir un blog et de le laisser moisir (si tant est qu’un tas de fichiers sur un serveur puisse moisir… c’est un autre débat).

Bref, je me suis motivé ce soir, pour vous, chers (à défaut d’être nombreux) visiteurs : j’écris un petit article. Quoi de neuf, Paul ? What up ?

L’université de Lyon 2 étant bloquée/fermée actuellement, et le dialogue de sourds se poursuivant entre des bloqueurs incapables de réflexion et une Présidence incohérente dans sa gestion de la crise, je n’ai pas cours depuis deux semaines. En tant que personnel de l’université, je participe à l’organisation des différentes consultations voulues par la Présidence. Un premier vote mercredi dernier, électronique, peu suivi (35% de participation) et boycotté, un second vote à bulletin secret lundi prochain… La stratégie de la Présidence semble être de vouloir multiplier les (fausses) tentatives de dialogue afin de prouver au monde entier que l’intervention policière inéluctable et regrettable, est nécessaire.

En attendant, je n’ai absolument pas cours. En Master, nous avons un emploi du temps chargé, et serré : pas de semaines de marge, la fin de l’année étant immédiatement suivie, un week-end après, par le début du stage. Comment rattraper les cours dans ces conditions ? C’est impossible. Le diplôme est donc automatiquement déprécié. CQFD. Échec.

Les vacances forcées que nous font subir les bloqueurs se transforment peu à peu en triste spectacle où l’on assiste, impuissant, à la destruction de 4 années de faculté pour certains. Triste, non ?

Certains disent qu’il faut se mobiliser au lieu de se plaindre. Je l’ai fait : participation à la création d’un groupe anti-blocage, prise de parole en AG, argumentations diverses pour mettre en place un vote électronique… Plus on s’acharne, plus on en prend contre soi. Si tu pisses contre la tempête, tu mouilles tes chaussettes. L’échec de cette mobilisation est tellement évident que je suis encore plus découragé. Échec.

Après, on en vient à avoir la sombre pensée de souhaiter l’intervention policière. Peut-on nous blâmer ? Le blocage est illégal, et au nom de certains principes, il faut amadouer les bloqueurs pour qu’ils daignent nous laisser étudier en paix. Certes, il faut éviter de les prendre par la force, au risque de les enferrer encore davantage dans leurs idées extrémistes de complot international… Je pense toutefois qu’ils sont de toute façon irrécupérables. Je lisais quelque part qu’aller à la fac aujourd’hui c’est étudier le processus de formation des syndicalistes de demain. Je suis d’accord, à une nuance près : des syndicalistes se battant pour de fausses causes.

Saturday, December 1st, 2007